Money or your life

by Agnès Roux

2026 15:23 min Monaco

Between land, sea and sky, I follow the water, an offering in my hands…
In this psycho-geographical movement at the border of the natural world and that of men, I seek to experience, to metaphorically resonate with this adage from the Middle Ages, between threat and protection.
In this performed film, I question the significant function of my plastic elements* in this experience of reality. Between the theatrical instinct of the imagination and the animal instinct of adaptation, I strive to find a fair balance between the authentic character of my performance and the simulacrum of my dramaturgical writing. The sound work is based on this same postulate but it also represents the intangible dimension of this experience that the video tool cannot capture.
The film was entirely produced in iphonography (images and sound recording) to respond to “on the spot” work oscillating between sensitive perception and the search for plausibility that the optimized miniaturization of the camera/sound object of smartphones can offer.

Director Biography – Agnès Roux

AGNÈS ROUX
Artiste à media multiples
Née en 1971. Vit et travaille à Monaco.
Diplômée de la Faculté des Lettres de Nice (DU en histoire de l’art et archéologie -1993), de l’EPIAR-villa arson de Nice (DNAP en art-1996) et de l’École des Beaux-Arts d’Aix-en-Provence (DNSEP en art-2008).
Depuis 1997, elle dirige Le Logoscope – Laboratoire de recherche et création basé en Principauté de Monaco qu’elle a fondé et où elle travaille aussi en tant qu’artiste-chercheur.
De 1999 à 2023, elle a été Professeur de vidéo et des dispositifs de l’image au Pavillon Bosio-École Supérieure d’Art et de Scénographie de la Ville de Monaco où elle a développé un enseignement à la fois pratique, technique et théorique qui s’appuie sur l’analyse d’une histoire plurielle et transversale des images en mouvement et de leurs espaces de monstration, de la préhistoire à nos jours.
Elle a aussi donné des workshops à l’Université de Rabat en 2001, à La Cambre-École Nationale Supérieure des Arts Visuels de Bruxelles en 2011 et en 2013 comme membre du Jury pour la section céramique (Bac 3, Master 1 & Master 2).
Ses recherches, ses créations, sa pédagogie reposent sur l’étude des médiums de différents domaines, leurs « graphies » et l’évolution de leurs contextes historiques. Pour explorer la diversité des territoires qu’elle traverse, leurs langages, leurs savoir-faire, son système d’écriture s’appuie sur une analyse anthropologique et sur un principe de collage, plus particulièrement la technique du Cut up.
Favorisant les pratiques collaboratives, elle élabore des trames narratives qui lui permettent de construire des formes poétiques imaginaires partagées où la dimension initiatique pose la question du comment habiter et partager ce monde qui fait face à des enjeux écologiques et humanistes sans précédent.
Des recherches à la croisée des arts et des sciences accompagnent son expérience du monde sauvage et paysan ainsi que de son territoire d’appartenance – la Principauté de Monaco – qu’elle observe comme des zones d’échanges hétérogènes ouverte sur le monde et sa diversité.
Son parcours pluridisciplinaire a construit chez elle, une pratique à média multiples qui va de l’installation à la scénographie d’auteur, de la céramique à l’édition, des images à la performance jusqu’au commissariat d’auteur et à la dramaturgie.
Elle expose régulièrement ses créations personnelles et collaboratives ici et ailleurs : Monaco, Nice, Rome, Milan, Gênes, Annecy, Toulouse, Marseille, Rabat, Ottawa…
Quelques moments phare :
Suite à une série de workshops Terre/Image pour le Pavillon Bosio en collaboration avec Daphne Corregan (céramiste) de 2006 à 2015 et une résidence d’une année à la Poterie Provençale de Biot en 2008, son intérêt et sa pratique de la céramique vont alors prendre une place déterminante dans ses recherches et son travail. Agnès est aussi adepte de philosophie et de sciences humaines qui nourrissent grandement ses réflexions et son travail. A ce titre, elle va aussi mener de 2014 À 2020, toujours pour le Pavillon Bosio, une série de workshops Philosophie/Vidéographie en collaboration avec Ondine Bréaud (philosophe de l’art).
En 2018, elle lance avec JP Racca Vammerisse et Le Logoscope, un programme de recherche et création intitulé MOINES KAOLIN où elle mène un travail de recherche patrimoniale et artistique ayant comme point de départ la révolution industrielle et les deux premières poteries artistiques de Monaco. Devenue spécialiste de celles-ci, elle est invitée en 2020 comme artiste chercheur attachée au commissaire de l’Exposition Artifices Instables, Cristiano Raimondi, au Nouveau Musée National de Monaco et signe un texte pour le catalogue.
Faisant suite à une longue collaboration et la création de nombreuses pièces performatives, en 2021, elle signe la dramaturgie de la pièce chorégraphique TSUNAGU de Mimoza Koïke produite par la compagnie des Ballets de Monte-Carlo, présentée au Grimaldi Forum à Monaco.
Actuellement elle développe dans le cadre des programmes Moines Kaolin et Anthropo(s)cène du Logoscope, deux projets intitulés OFFICES DES MENUS PLAISIRS (céramique, installation et arts culinaires) et LA BOURSE OU LA VIE (Performance, céramique, rituel et vidéo).

Director Statement

JE SUIS UNE PAYSANNE DE L’ART
UNE PRATIQUE À MEDIA MULTIPLES
depuis 1997
Paysanne de l’Art ?
«Paysan» n’est pas au répertoire des métiers «modernes» même s’il refait surface depuis quelques années, mais il reste un vrai métier pluridisciplinaire qui ne rentre pas effectivement dans une économie de masse. J’ai aussi dans une famille cosmopolite à moitié paysanne/ouvrière et aristocratique/bourgeoise, entre ville, mer et montagne, avec comme territoire d’appartenance un état-nation des plus petits au monde, encore régit par le modèle aristocrate.
À la croisée des arts savants et populaires, je me suis spécialisée dans deux mediums dits « pauvres » : la vidéo et la céramique. Peut-être était-ce le prérequis pour développer une telle pratique artistique ?
Une pratique plurielle, transversale et collaborative où je traverse divers domaines et intégre le vivant par l’intermédiaire de la nourriture, la performance et leurs notions de partage. Je me suis très tôt interrogée sur la fonction bourgeoise de l’artiste et me suis peu à peu dirigée vers sa fonction «spirituelle». Par une recherche épistémologique sur l’histoire des formes, des techniques, des us et coutumes, je me suis alors appuyée sur une analyse anthropologique pour traverser les nombreux langages des divers domaines abordés où j’opère des glissements entre «white box» et «black box». En 2019, toutes ces années d’étude, d’expérimentation et de création ont pris tout leur sens à la lecture du travail de l’anthropologue Charles Stépanoff qui entre autre, met en lumière les dispositifs des rituels collectifs chamaniques ou en « tente claire » ou en « tente obscure » (« Voyager dans l’invisible -Techniques chamaniques de l’imagination », éditions La Découverte, 2019).
Parallèlement à mon travail artistique et dans ce même mouvement, j’ai créé en 1997 puis dirigé un laboratoire dénommé Le Logoscope* à Monaco qui dévellope des programmes de recherche et création à la croisée des diverses «graphies» de différents domaines. Puis de 1999 à 2023, j’ai aussi développé un enseignement pluriel allant d’un « proto-cinéma préhistorique » en passant par la période dite du « pré-cinéma » jusqu’à nos jours et ce, dans le cadre de ma fonction de Professeur en vidéo, techniques et dispositifs de l’image au sein du Pavillon Bosio – École Supérieure d’Art et Scénographie de la Ville de Monaco.
Tout ceci m’a amenée à développer un système d’écriture qui s’adosse à un principe de collage proche de la technique du «cut up» combinant texte, image, forme et savoir-faire. Dans ce travail d’origine et de filiation entre les formes, les disciplines et leurs contextes successifs, je compose alors un ensemble d’unités significatives pour élaborer mes expérimentations et mes collaborations où la question du vivant et ses adaptations aux changements me fascine.
* Le Logoscope : terme emprunté à Francis Ponge dont la définition est appareil scientifique imaginaire pour scruter le langage.